mardi 2 décembre 2014

Feru(e) d'histoire sociale ?

A moins que vous ne sachiez quoi faire (ou quoi offrir ?) à Noël ...

 Le syndicalisme ouvrier en Bretagne jusqu’à la Première Guerre mondiale
 

Le syndicalisme ouvrier breton s’affirme dès le début des années 1880, malgré un contexte sociologique défavorable dû à l’influence dominante des intérêts agrariens et à la toute-puissance d’une Église catholique hostile à tout syndicalisme « de classe ». Des syndicats sont constitués, toujours plus nombreux, adhérents aux bourses du travail créées à partir de 1892 et aux fédérations nationales. À la veille de 1914, la structuration est achevée avec la constitution des unions départementales dans les cinq départements bretons. Parallèlement, de nombreuses grèves ont été conduites dans la Basse-Loire, de Nantes à Saint-Nazaire, dans la chaussure fougeraise, à Brest, Lorient, Rennes, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Vannes, Morlaix, Quimper, Hennebont, dans le bâtiment et les carrières d’ardoise ou de granit, dans l’industrie de la conserve éparpillée le long de la côte atlantique. Certaines sont restée emblématiques : grève généralisée à Nantes (1893), grève de Trignac (1894), grève des soudeurs-boîtiers (1896, 1901, 1909), des marins-pêcheurs (1897), grèves révolutionnaires du Finistère et du Morbihan (1905-1906), grève des forges d’Hennebont (1903, 1906), grève des ouvriers chaussonniers fougerais (hivers 1906-1907, 1914), grève des dockers nantais (1907), grèves nombreuses de dockers nazairiens et des métallurgistes de la Basse-Loire.
Des militants venus de Bretagne (Joseph Tortelier, Fernand Pelloutier, Aristide Briand) ont largement contribué à l’élaboration de l’idéologie dominante du syndicalisme d’avant 1914, mais les idées du syndicalisme révolutionnaire ne sont partagées et propagées que par une minorité des organisations bretonnes. Elles dominent seulement à Brest, Lorient et Indret. Ailleurs, antimilitarisme et antipatriotisme sont mis en sourdine. Le réformisme qui l’emporte est en grande partie dû à la liaison de fait entre le syndicalisme et le socialisme ; ce dernier, à l’origine de la création de nombreuses organisations syndicales, privilégiant l’action politique, parlementaire, plutôt que la Révolution dans la lutte pour l’obtention des avancées sociales. Ce courant est renforcé et enrichi par l’apparition au début du XXe siècle du journal rennais La Tribune Ouvrière, dont les rédacteurs sont, pour la plupart,

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