La rupture conventionnelle est porteuse d’un idéal de rupture pacifiée
qui a assuré son succès dans la théorie comme dans la pratique.
Entièrement orientée vers l’échange des consentements, elle a placé hors
du champ d’observation les motifs pour lesquels chacun y consent.
L’exploitation secondaire d’une enquête téléphonique réalisée en 2012
par la Dares auprès de 4 500 salariés signataires d’une rupture
conventionnelle montre l’ambivalence de ces derniers quant à leur
consentement à rompre. Elle permet de comprendre ce qui conduit un
salarié à abandonner un emploi à durée indéterminée pour entrer dans un
régime d’indemnisation du chômage, et un employeur à accorder une
rupture de ce type à un salarié qui veut démissionner.
Cette forme de rupture est à la fois un substitutif et un facilitateur
des ruptures de contrat de travail à durée indéterminée. Dans une moitié
des cas, elle sécurise des ruptures qui auraient eu lieu, qu’elles
soient voulues par le salarié (elle remplace avantageusement la
démission) ou par l’employeur (elle remplace avantageusement le
licenciement). Dans l’autre moitié, elle facilite des ruptures dont les
motifs ne sont pas clairement identifiables, ce qui soulève la question
de sa contribution à l’évolution du chômage et, au-delà, de la
pertinence du choix actuel de sécuriser les parcours au détriment de la
pérennisation des contrats de travail.
Source : www.cee-recherche.fr
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire